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Historique

Sainte Croix sur mer

    est une minuscule commune de 200 hectares qui occupe la partie supérieure d'un vallon sec descendant vers les marais littoraux. Il est incisé légèrement sous le bas plateau d'altitude 50m des confins du Bessin et de la Plaine de Caen. Sur ce plateau, le calcaire jurassique est recouvert d'une couche de loess qui peut atteindre plusieurs mètres d'épaisseur.
    Initialement petit écart de la paroisse de Graye-sur-mer, lors de la croissance démographique du milieu de Moyen-Age il a été érigé en paroisse indépendante sous l'invocation de l'Exaltation de la Sainte Croix et la dénomination de Sainte-Croix-sur-la-mer, quoique son territoire n'atteigne pas le littoral, pour la distinguer de la paroisse plus ancienne de Sainte-Croix-Grand-Tonne.
    Son territoire voué pendant des siècles à un assolement triennal, -blé-avoine-jachère-,était une plaine dénudée. Ce paysage a été un peu modifié à la fin du XVIII° siècle par la création de l'enclos des Longs Bois( du scandinave boël, parcelle étroite, qui évoque l'organisation en quartiers de lanières qui ont existé en majorité jusqu'au remembrement du siècle dernier). Ces enclos échappaient à la servitude de la vaine pâture des animaux en permettant la culture de prairies artificielles. Au cours du XIX° siècle la jachère a été remplacée par le colza et lors de la crise céréalière de 1880 une ceinture de prairies encloses de haies et implantées de pommiers a encerclé le village. Cette couronne de prairies est aujourd'hui occupée par les habitations récentes.Mais le village apparaît toujours comme un îlot arboré au milieu de la plaine découverte.
 
 

Le clocher carré de façade du XVII siècle

   Le village s'est développé autour de l'église, encore entourée du cimetière, et construite à partir de la fin du XII°siècle. Elle comprend une nef romane qui a perdu son unique bas-côté Sud, et un chœur gothique( dont le portail latéral Nord est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques), et un clocher -tour carré de façade du XVIII°siècle. Elle renferme des fonds baptismaux de la fin du XVI°siècle, une Vierge à l'Enfant du début du XVII°,un tableau de la crucifixion de la fin du XVII° et deux chemins de croix, l'un en lithographies de Lebhard (1907), l'autre au fusain de Monique Midy (1980).Le mur nord de la sacristie attenante au chevet, englobe le tombeau de l'abbé J-Fr Gillette, curé de Ste Croix pendant 55ans jusqu'en 1841.
 
    À côté de l'église, l'ancienne ferme seigneuriale ne conserve que sa grande grange et un colombier. En face, le presbytère a été édifié vers 1780 dans un style très classique. Quelques fermes offrent des exemples de la belle architecture de pierres calcaires du Bessin, et en particulier la ferme Fouques, rue de Ver/mer ( XVII° et XVIII°s) avec un grand portail sobre, ou la ferme Langlois, rue de Graye/mer, de la fin du XVIII°s. Au portail très ouvragé. La plus grande partie du village conserve encore un exemple de l'architecture rurale ancienne.
 
    La croissance de la population a été affectée par la Guerre de Cent Ans et deux épidémies de peste en 1634 et 1636 qui ont emporté un tiers des habitants. Le premier essor date du début du XIX°s.et gonfle la population de 250 à 310 habitants sous le Second Empire. Cet essor correspond à un développement des activités : accroissement de la production agricole sans grande mécanisation, exploitation des carrières de pierre calcaire de la proche vallée de la Seulles, artisanat féminin de la dentelle. Pendant cette période de commerces aujourd'hui disparus, apparaissent, boulanger-épicier-cabaretier, ainsi que la mairie, l'école et une nouvelle ferme(rue de Écrottes). Ensuite un exode réduit la population à 119 habitants en 1976. Mais depuis, une nouvelle vague de croissance ( 250 résidents en 2014) alimentée par des citadins et une fécondité notable, se matérialise dans 2 petits lotissements périphériques et des constructions dispersées dans le village.
 
    Proche des plages du débarquement allié du 6 Juin 1944, le village a été libéré le même jour en fin de matinée sans victimes civiles ni grandes destructions. Dès le 10 Juin son territoire abrité l'aérodrome B.3 qui a été utilisé par les escadrilles canadiennes et anglaises jusqu'au 9 Septembre .
 
   
Pierre Brunet
professeur émérite de géographie à l'Université de Caen

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